familles ados
Sextorsion chez les ados : 5 gestes immédiats à connaître par cœur
Sextorsion : ne payez pas, préservez les preuves, signalez au 3018 et 17Cyber. Pour parents et ados.
Sextorsion chez les ados : 5 gestes immédiats à connaître par cœur
Si vous lisez cet article parce que c’est arrivé à votre enfant : respirez. Votre ado est victime d’un crime organisé, et la suite va dépendre de votre calme dans les prochaines heures. Cet article vous donne exactement ce qu’il faut faire, dans l’ordre, sans jargon.
La sextorsion explose en France : on est passés d’environ 10 cas par an signalés en 2020 à plus de 12 000 signalements en 2023 selon les données officielles. La quasi-totalité des cas touche des mineurs entre 12 et 17 ans, en majorité des garçons (à rebours de l’intuition). Le scénario est presque toujours le même : un contact apparemment amical sur Snapchat, Instagram, TikTok ou un jeu en ligne, qui glisse rapidement vers l’envoi d’images intimes, puis bascule en chantage immédiat avec menace de diffusion aux contacts.
Ce qu’il NE faut PAS faire (et pourquoi)
Avant les 5 gestes à faire, voici les 5 réflexes à NE PAS avoir :
1. Ne payez jamais. Le paiement ne stoppe jamais le chantage. Au contraire, il signale que la victime est solvable et déclenche des demandes croissantes. Les statistiques internationales sont claires : dans les cas où la victime paie, le chantage continue dans plus de 90 % des situations.
2. Ne répondez pas au message. Toute réponse, même négative (« arrête », « je vais à la police », « je n’ai pas d’argent »), signale à l’attaquant que la cible est active et augmente l’agressivité. Le silence absolu est la meilleure réponse.
3. Ne supprimez surtout pas les messages. Vous aurez besoin des preuves pour le signalement et la plainte. Conservez tout : captures d’écran avec date visible, profil de l’attaquant, contenu des échanges.
4. Ne grondez pas votre enfant. Il est victime, pas coupable. La honte est l’arme principale du chantage. Si l’enfant pense être puni à la maison en plus de subir le chantage, il se referme — et c’est exactement ce que l’attaquant veut. Votre rôle est de le protéger, pas de le sanctionner.
5. Ne tentez pas de « parler » à l’escroc. Vous n’aurez jamais le dernier mot, et vous risquez de provoquer une diffusion immédiate par représailles. Laissez les autorités gérer la suite.
Les 5 gestes immédiats
Geste 1 — Préserver les preuves (10 minutes)
Captures d’écran datées de toute la conversation, de la première prise de contact jusqu’au chantage. Capture du profil de l’attaquant (nom d’utilisateur, photo, bio, abonnés visibles). Capture de l’URL si c’est un lien. Si possible, exportez l’historique de la conversation (la plupart des messageries le permettent).
Sauvegardez tout sur un appareil sécurisé qui ne sera plus touché — idéalement transféré dans une note cloud chiffrée ou sur une clé USB. Ces preuves seront décisives pour les autorités et pour les plateformes (qui suppriment les profils signalés bien plus rapidement avec preuves à l’appui).
Geste 2 — Appeler le 3018 (15 minutes)
Le 3018 est le numéro national gratuit contre les violences numériques, dédié spécifiquement aux mineurs et à leurs proches. Joignable 7j/7 de 9h à 23h, par téléphone ou via le chat sur 3018.fr. Les écoutants sont formés sur la sextorsion et savent exactement quoi faire.
Le 3018 a deux pouvoirs particuliers que vous n’avez pas individuellement :
- Une ligne directe avec Meta, Snap, TikTok, Discord pour faire supprimer rapidement les contenus et profils signalés.
- Une aide à la prise de plainte avec orientation vers le service compétent (commissariat, brigade locale de protection des mineurs, parquet).
Appelez-les avant même de signaler à la plateforme. Ils vous diront comment formuler le signalement pour qu’il aboutisse dans les heures qui suivent.
Geste 3 — Signaler sur la plateforme (15 minutes)
Chaque réseau a un parcours de signalement urgent dédié aux contenus sexuels impliquant des mineurs ou aux chantages. Cherchez « signaler urgence pédopornographie » ou « signaler sextorsion mineur » dans l’aide de la plateforme.
Sur Snapchat (le canal le plus fréquent en France pour la sextorsion ado), le parcours est : profil de l’attaquant → menu trois points → Signaler → « Cela me semble être de l’arnaque » → « Sextorsion ». Joignez les captures préparées au geste 1.
Sur Instagram, parcours similaire via le menu du profil. Sur TikTok et Discord, idem.
Les profils signalés avec preuves de sextorsion sont en général supprimés en 24 à 72 heures. Cela n’arrête pas le réseau criminel (qui crée un nouveau profil), mais cela coupe le levier immédiat sur votre cas spécifique.
Geste 4 — Signaler sur 17Cyber (10 minutes)
17cyber.gouv.fr est le portail étatique d’assistance aux victimes de cybermalveillance. Le signalement est gratuit, vous obtenez un numéro de dossier officiel, et la sextorsion est traitée en priorité. C’est aussi un préalable nécessaire au dépôt de plainte structuré.
Pour les détails complets sur l’usage du 17Cyber, voyez notre guide pour bien utiliser 17Cyber.
Geste 5 — Déposer plainte (selon urgence : sous 48h)
Le code pénal français est très protecteur des mineurs victimes de sextorsion. Les infractions concernées (corruption de mineur, sollicitation sexuelle de mineur, captation d’image à caractère sexuel d’un mineur, extorsion) peuvent aller jusqu’à 7 ans de prison et 100 000 € d’amende selon les circonstances.
Allez au commissariat le plus proche avec votre enfant (sauf si c’est trop difficile pour lui, auquel cas vous pouvez y aller seul·e en premier). Demandez à parler à un officier de la brigade des mineurs (BPDJ) si possible. Apportez les preuves préparées au geste 1, le récépissé du 17Cyber, et les éventuels échanges avec la plateforme.
L’enquête sur la sextorsion est techniquement complexe (les escrocs opèrent souvent depuis l’étranger via des comptes anonymes), mais la plainte est essentielle. Elle ouvre les droits de la victime, elle alimente les statistiques nationales, et certains réseaux ont déjà été démantelés grâce à ces dépôts cumulés.
Soutenir l’enfant émotionnellement
La sextorsion est traumatisante. Pendant les jours et semaines qui suivent, surveillez les signaux : repli, baisse scolaire brutale, troubles du sommeil, perte d’appétit, refus de toucher au téléphone. Plusieurs ressources existent :
- France Victimes (numéro national gratuit : 116 006), qui propose un soutien psychologique gratuit aux victimes d’infractions.
- Le 3018 a aussi un suivi psychologique.
- Le médecin scolaire et l’infirmière du collège peuvent être des relais discrets et compétents.
- Un psychologue spécialisé dans les violences numériques peut être indiqué si le traumatisme persiste plus de quelques semaines.
Insistez sur le fait que votre enfant n’a rien fait de mal. Il a été ciblé par un adulte criminel qui sait manipuler les codes sociaux des adolescents. La honte appartient à l’attaquant, pas à la victime.
Pour la communauté familiale
Si la liste de contacts de votre enfant a fuité (l’attaquant menace souvent de diffuser à « tous tes amis »), envisagez une communication courte et factuelle aux proches potentiellement concernés, après concertation avec votre ado. Quelque chose comme :
« Notre enfant a été victime d’une tentative de chantage en ligne. Si vous recevez un message étrange en son nom dans les jours qui viennent, ignorez-le. La police est saisie. »
Cette communication coupe l’effet de surprise du chantage. Souvent, dans les heures suivant un message comme celui-ci, l’attaquant abandonne (le levier est cassé).
Prévenir : la conversation avant l’incident
Si vous lisez cet article par prévention et pas en réaction, profitez du moment pour avoir la conversation avec votre ado, sans dramatiser. Les points clés à transmettre, sans jugement :
- Tout contact qui demande des images intimes est, par définition, suspect.
- Tout contact qui passe de « gentil » à « menaçant » en moins de 24 heures est un escroc, pas un harceleur isolé.
- En cas de problème, il existe un numéro gratuit, le 3018, et un parent qui sera de leur côté. Pas de gronderie.
- L’objectif n’est pas de tout interdire — c’est de savoir vers qui se tourner si ça arrive.
Pour aller plus loin sur la sécurité famille en général, voyez notre page menace dédiée à la sextorsion.
En résumé
Sextorsion ado : ne payez jamais, ne répondez pas, préservez les preuves, appelez le 3018, signalez à la plateforme et au 17Cyber, déposez plainte sous 48 heures. Soutenez l’enfant émotionnellement, mobilisez les ressources spécialisées (France Victimes, psy, médecin scolaire), et communiquez aux proches si la liste de contacts a fuité. Surtout, jamais de honte projetée sur l’enfant : il est victime d’un crime, pas coupable.
Si vous êtes au Mans ou en Sarthe et que vous voulez un accompagnement complet — préservation des preuves, suivi de la plateforme, dossier 17Cyber, accompagnement physique au commissariat, mise en lien avec France Victimes 72 — je propose un forfait curatif à 199 € (99,50 € après crédit d’impôt service à la personne). Le détail est sur la page intervention d’urgence. Joignable au 07 51 13 37 69, réponse sous 24 heures ouvrées.
Vous voulez aller plus loin ?
Forfait intervention post-piratage
Forfait clair pour reprendre le contrôle après un compte piraté, une arnaque téléphonique ou une fraude bancaire. Pas de surprise tarifaire.
199 € — 99,50 € après déduction fiscale